Explorez le Pakistan
Histoire ancienne
La région de l’Indus était l’emplacement de plusieurs cultures antiques comprenant Mehrgarh, une des plus anciennes villes connues du monde, et de la civilisation de la vallée de l’Indus (de 2600 av. J.-C. à 1800 av. J.-C.) à Harappa et Mohenjo-daro. Les vagues de conquérants et de migrants, comprenant les Aryens, Perses, Indo-Grecs et musulmans se sont établis au Pakistan tout au long des siècles, influençant les autochtones. La région est un carrefour des itinéraires commerciaux historiques, y compris la route de la soie.
Sur le territoire que le Pakistan occupe, la civilisation de la vallée de l’Indus fut influencée au milieu du IIe millénaire av. J.-C. par l’arrivée de la civilisation aryenne, qui donna lieu au védisme qui a jeté les bases de l’hindouisme. Le Rig-Véda mentionne Arya-Varta (la terre des Aryens) comme Sapta Sindhu (la terre des sept rivières du Nord-Ouest de l’Asie du Sud, l’une d’entre elles étant l’Indus), cela correspond à la région pakistanaise du Pendjab actuelle. Les empires successifs et les royaumes ont régné sur la région de l’Empire perse achéménide autour de 543 av. J.-C., à Alexandre le Grand en 326 av. J.-C. et l’empire maurya. Le royaume indo-grec fondé par Demetrius de Bactria a inclus le Gandhara et le Pendjab en 184 av. J.-C., et a atteint sa plus grande ampleur sous Ménandre Ier, établissant la période gréco-bouddhiste avec des avancées dans le commerce et la culture. La ville de Taxila (Takshashila), l’un des principaux emplacements archéologiques du pays, est devenue un centre d’étude important des périodes antiques.
Géographie
Le Pakistan a une superficie de 796 096 km2 et possède des frontières communes avec l’Iran (900 km) à l’ouest sud-ouest, l’Afghanistan (2 400 km) au nord-ouest et au nord, la Chine (520 km) au nord-est et l’Inde (2 900 km) sur tout son côté est-sud-est. La côte sud est bordée par la mer d’Arabie avec 1 050 km de littoral.
Le relief est formé de hauts sommets dans le nord (dont le mont K2 qui, à 8 611 mètres d’altitude, est le deuxième point culminant du monde), de montagnes arides à l’ouest, d’un plateau inhospitalier dans le Sud-Ouest, du désert du Cholistan dans le Sud-Est et de plaines alluviales affectées à l’agriculture partout ailleurs.
Les climats du Pakistan sont variés. Le Baloutchistan et une partie du Sind ont des climats désertiques ou semi-arides. Le reste du pays, et là où vit la majorité de la population, connaît un climat humide avec une saison de mousson, qui s’étend de juin à septembre. Celle-ci produit de catastrophiques inondations de 2010.
La diversité de climats et de paysages induit une grande variété d’espèces animales et végétales, notamment dans le bassin de l’Indus. En 2000, 2,5 % du territoire, soit environ deux millions d’hectares, sont occupés par des forêts.
L’indice mondial des risques climatiques 2020 situe le Pakistan à la cinquième place des pays les plus touchés par le changement climatique entre 1999 et 2018, avec une augmentation des vagues de chaleur extrêmes, du taux d’humidité et des inondations. Le pays est directement affecté par la fonte des glaciers de l’Himalaya, provoquant de fortes pénuries d’eau dans une partie du pays, ainsi que de la disparition progressive des forêts riveraines. Entre 2000 et 2010, le Pakistan a perdu en moyenne 43 000 hectares de forêt chaque année.
Institutions politiques
Le Pakistan est une république islamique, fédérale et multipartite. Le pouvoir exécutif est détenu par le président de la République qui est le chef d’État et le Premier ministre, chef du gouvernement. Le pouvoir législatif est détenu par le Parlement et les assemblées provinciales. Dans l’équilibre des institutions déterminé par la Constitution de 1973, le régime parlementaire est moniste et le Premier ministre détient la réalité du pouvoir tandis que le chef de l’État dispose d’un rôle honorifique. Cela dit, le président a souvent obtenu le rôle prépondérant, principalement durant les régimes militaires. La réforme constitutionnelle de 2010 a redonné la réalité du pouvoir au Premier ministre.
L’Assemblée nationale et les quatre assemblées provinciales sont élues au suffrage universel direct uninominal majoritaire à un tour pour un mandat de cinq ans. Ces derniers organes forment ensuite un collège électoral avec le Sénat qui élit le président de la République pour cinq ans. Le Sénat est quant à lui élu par les membres des quatre assemblées provinciales à niveau égal. Les sénateurs ont un mandat de six ans, et sont renouvelés par moitié tous les trois ans.
Le Pakistan est dans une situation de bicamérisme égalitaire. Le Sénat représente les provinces et leur autonomie, et l’Assemblée nationale le peuple et l’unité de l’État. Le Premier ministre et son gouvernement sont responsables devant l’Assemblée nationale, et les gouvernements locaux devant leur assemblée provinciale. L’Assemblée nationale peut être dissoute par le président sur la proposition du Premier ministre. Les provinces ont un pouvoir important dans le cadre d’une organisation fédérale de l’État, notamment renforcé par la réforme de 2010, avec des compétences en matière de police générale, de santé et d’éducation notamment.
La Cour suprême est à la tête de l’ordre juridictionnel et détermine la jurisprudence constitutionnelle. Elle reçoit les litiges concernant l’interprétation de la Constitution ainsi que les appels formés contre les décisions des Hautes Cours. Depuis la réforme de 2010, ses membres sont sélectionnés par une commission judiciaire puis choisis par un comité parlementaire et formellement nommés par le président de la République.
Forces armées
Les forces armées du Pakistan représentent la sixième puissance militaire mondiale en termes d’effectif. Leur quartier général est situé à Rawalpindi et elles sont dirigées depuis novembre 2016 par Qamar Javed Bajwa, successeur de Raheel Sharif (2013-2016), lui-même successeur à ce poste d’Ashfaq Kayani (2007-2013). Elles comprennent les forces terrestres, navales et aériennes. Leur effectif est de 650 000 hommes, dont 70 % sont basés dans les provinces du Pendjab et du Sind face à l’Inde à laquelle elles ont livré trois guerres et un autre affrontement majeur. Depuis 2007-2008, 140 000 soldats sont présents dans le Nord-Ouest du pays dans le cadre du conflit qui les oppose aux talibans.
En 1998, le Pakistan est devenu officiellement la septième puissance nucléaire mondiale en effectuant une série d’essais nucléaire et disposerait en 2011 de plus d’une centaine d’armes atomiques. Par ailleurs, le Pakistan est membre de l’Organisation de coopération de Shanghai.
Villes du Pakistan
![]() Karachi (SD) ![]() Multan (PB) ![]() Quetta (BA) |
Rang | Ville | Province ou territoire | District | Population (rec. 2017) |
![]() Lahore (PB) ![]() Peshawar (KP) ![]() Islamabad (TFI) |
---|---|---|---|---|---|---|
1 | Karachi | ![]() |
Karachi | 14 910 352 | ||
2 | Lahore | ![]() |
Lahore | 11 126 285 | ||
3 | Faisalabad | ![]() |
Faisalabad | 3 203 846 | ||
4 | Rawalpindi | ![]() |
Rawalpindi | 2 098 231 | ||
5 | Gujranwala | ![]() |
Gujranwala | 2 027 001 | ||
6 | Peshawar | ![]() |
Peshawar | 1 970 042 | ||
7 | Multan | ![]() |
Multan | 1 871 843 | ||
8 | Hyderabad | ![]() |
Hyderabad | 1 732 693 | ||
9 | Islamabad | ![]() |
– | 1 014 825 | ||
10 | Quetta | ![]() |
Quetta | 1 001 205 | ||
Recensement de 2017 |
Démographie
Le Pakistan connaît toujours une forte croissance démographique, malgré une baisse progressive de sa fécondité. Avec 31 ‰, le taux de natalité reste soutenu tandis que le taux d’accroissement naturel atteint 2,3 % annuellement, soit près de quatre millions de personnes supplémentaires par an. En 2017, la population du pays est estimée à 207 millions d’habitants. Le taux de fécondité est de 3,6 enfants par femme en 2018.
Selon l’ONU, la population du pays devrait atteindre 338 millions en 2050 puis culminer à 405 millions en 2095 avant de baisser
Langues

L’ourdou, langue officielle du pays, est la langue maternelle de moins de 8 % de la population, surtout au sein de l’élite et parmi les habitants de Karachi. Langue appartenant au groupe indo-aryen de la famille des langues indo-européennes, elle est malgré tout parlée ou comprise par 80 % de la population. Langue administrative, elle est prépondérante dans l’éducation. L’anglais est la seconde langue administrative et est parlé par 7,5 millions de locuteurs en seconde langue (soit environ 5 % de la population). Seuls 100 000 Pakistanais ont l’anglais comme langue maternelle, et ce sont souvent des jeunes qui vivaient en Grande-Bretagne ou Amérique du Nord, qui rentrent au pays. Tous les textes administratifs sont traduits en anglais, qui est aussi un signe de distinction de l’élite ou de promotion sociale. La classe aisée parle généralement couramment cette langue, qui est aussi très présente dans les médias.
Les quatre plus importantes langues maternelles sont toutes des langues régionales, la plus importante étant le pendjabi (environ 45 % des habitants), dans le Nord du Pendjab, suivi du pachto (16 %) parlé dans le Nord-Ouest (province de Khyber Pakhtunkhwa, les régions tribales et le Nord de la province du Baloutchistan), le sindhi (14 %) dans la province du Sind et le saraiki (12 %, parfois considéré comme un dialecte du pendjabi) dans le Sud du Pendjab. Enfin, le baloutchi, le hazara et le cachemiri sont des langues régionales plus minoritaires.

Ethnies
Santé
L’espérance de vie à la naissance était de 63 ans pour les filles et de 62 ans pour les garçons en 2006. En 2003, l’espérance de vie en bonne santé à la naissance était de 54 ans pour les garçons et 52 ans pour les filles. En 2006, les dépenses totales consacrées à la santé étaient de 2 % du PIB. Le taux de mortalité en dessous de cinq ans était de 97 pour mille naissances en 2006.
Économie

Largement agricole, le pays compte une importante industrie textile et une petite industrie de l’armement. Comme ses semblables, le barrage de Tarbela sur l’Indus ne remédie que partiellement au déficit du Pakistan en énergie et ses coupures de courants sont récurrentes et fragilisent l’économie. Le pays compte surtout sur le développement de l’hydroélectricité et du charbon.
Selon l’autorité pakistanaise de la télécommunication, il y aurait en 2011 quelque 111 millions de téléphones portables au Pakistan couvrant près de 65 % de la population, et 31 millions de personnes disposeraient d’une connexion internet soit environ 18 % des habitants. En 2017, la moitié des foyers au Pakistan ne sont pas connectés au réseau d’électricité.
À cause de la crise économique du tournant des années 2010, des prix élevés du pétrole et des aliments en 2007-2008, d’une instabilité intérieure accrue et des coupures d’électricité, le Pakistan est aux prises avec un déficit commercial et budgétaire important, en plus de l’inflation et l’augmentation de la pauvreté. En raison des difficultés particulières auxquelles elles sont confrontées, les femmes forment maintenant une grande proportion de la population pauvre. Le pays a dû demander l’aide du Fonds monétaire international, malgré une légère amélioration de la croissance économique à partir de 2013. En 2016, la signature du corridor économique Chine Pakistan prévoit de nombreux investissements.
Le secteur textile représente 70 % des exportations du Pakistan mais les conditions de travail des ouvriers sont déplorables. Les petits ateliers de fabrication ne font généralement pas signer de contrats de travail, ne respectent pas le salaire minimum et emploient parfois des enfants. Les violations du droit du travail se produisent aussi chez des grands sous-traitants de marques internationales, où il arrive que des ouvriers soient frappés, insultés par leurs supérieurs ou payés au-dessous du salaire minimum. Des usines ne respectent pas les normes de sécurité, générant des accidents : en 2012, 255 ouvriers meurent dans l’incendie d’une usine de Karachi. Avec 547 inspecteurs du travail au Pakistan pour superviser les 300 000 usines du pays, l’industrie textile échappe aux contrôles. Les ouvriers ne sont pas davantage protégés par des syndicats, interdits dans les zones industrielles réservées à l’exportation. Ailleurs, « les ouvriers impliqués dans la création de syndicats sont victimes de violence, d’intimidations, de menaces ou de licenciements ».
Transports au Pakistan

Le principal atout du réseau de transports pakistanais se situe dans la forte présence de voies ferrées, héritage de l’époque où le Pakistan était une colonie britannique. Ce réseau de voies ferrés a une longueur totale de près de 8 775 kilomètres et dessert toutes les principales villes pakistanaises. Toutefois, les trains et les chemins de fer souffrent d’un mauvais entretien, et les catastrophes ferroviaires sont fréquentes. La plus grave eut lieu le et coûta la vie à près de trois cents personnes. En 2005 et 2007, deux autres catastrophes coutèrent la vie à près de trois cents personnes.
Depuis le début des années 1990, le gouvernement a entrepris un programme de construction d’autoroutes, réseau qui relie désormais Lahore avec Islamabad et Rawalpindi, trois villes situées dans le Nord du pays. Certaines autoroutes sont encore en construction et d’autres sont prévues. Le but est de relier Karachi, principal port d’exportation dans le sud du pays, avec les villes peuplées et industrielles du nord du pays.
En 2022, le Pakistan est classé en 87e position pour l’indice mondial de l’innovation.